« Schubertiade » : concert entre amis

14 novembre 2014


Assister à l’interprétation de « Schubertiades » à Mouscron, cela n’est pas fréquent. Alors quand l’Atelier choral du conservatoire de Tourcoing traverse la frontière pour proposer un tel programme à l’église des Pères, il faut en profiter. « Nous avions 80 réservations et 110 personnes se sont déplacées », se réjouit Babette Detournay, qui s’occupe du programme musique classique pour le Centre culturel Marius Staquet, « Pour un concert classique, c’est un beau chiffre. »

Une belle harmonie

François Grenier, chef de chœur depuis 2008, est venu accompagné de 45 choristes « dont quelques Mouscronnois », du pianiste Thomas Stasyk, professeur de piano à l’académie de Mouscron et de la soliste mezzo-soprano Noémie Capron. Le tout pour offrir au public un concert d’une heure et demie.

« Schubert était un mélodiste très fin, mais aussi un bel harmoniste. Le concept des Schubertiades, cette réunion entre amis où l’on joue de la musique, me plaît », explique François Grenier, « De plus l’acoustique et l’accueil dans ces lieux sont très bons. »

C’est la première fois que l’Atelier Choral du Conservatoire de Tourcoing se produit à Mouscron, mais le chef de chœur a lui déjà eu l’occasion de donner des concerts avec d’autres ensembles en Belgique.

Mélancolie et émotion

Le concert a commencé par une interprétation d’un des « Impromptu » de Schubert, un solo pour piano. De suite on se rend compte que ce morceau reflète l’ambiance de désespoir qui régnait en Autriche du temps de Schubert. Car le compositeur a écrit ses œuvres alors que beaucoup de ses amis étaient arrêtés et exilés.

Il a alors instauré ces « Schubertiades » comme une sorte de bouffée d’oxygène et de chaleur humaine dans le climat politique assez tendu du XIXe et début XXe siècle. S’en suivent des chansons interprétées par la chorale mixte, parfois accompagnée de la soliste Noémie Capron. Celles-ci sont plus animées, plus joyeuses, le tout bien sûr en allemand. La soliste arrive aussi à émouvoir le public avec son interprétation de « Du bist die Ruh ». Pour terminer, l’Atelier a chanté « Mirjam’s Siegesgesang » évoquant le passage biblique de la fuite d’Égypte.